Présentation de l'Association El Anasser de Miliana

Publié le par Mohamed SAADAOUI

 



L’association El Anasser a été fondée en juin 2001, après mûre réflexion et après analyse des expériences précédentes avec mes deux premières associations. Ayant été à la tête de ces dernières comme formateur et directeur d’ensemble, Je me suis rendu compte, au bout de 4 années de travail, que je ne pouvais élever le niveau de mes élèves au delà d’un seuil escompté, en raison de plusieurs facteurs et qui sont les suivants :

·        La composante adulte de la  majorité de mes élèves ;

·        Formation antérieure empirique pour la quasi-totalité des éléments ;

·        Impossibilité d’asseoir une méthode pédagogique académique ;

·    Enfin, indiscipline et refus du travail rationnel pour un certain nombre d’élèves.

 

 Je tiens à préciser, néanmoins, qu’au cours de ces 4 années, 12 nouba-programmes des différents modes et 11 touchias et 30 inqilabs ont été enseignés et acquis entre les deux premières associations.

 

A partir de ce constat, et afin d’éviter à l’avenir toute cette problématique empirique et pour mener à bien un projet pédagogique, j’ai opté pour la fondation d’une association qui a pour objectif  la formation musicale académique destinée uniquement aux enfants. Pour ce faire, Je me suis entouré de certaines personnalités connues pour leur amour de la musique, leur intégrité et leur dynamisme. Le choix de ces éléments, universitaires dans leur majorité, n’était pas fortuit. J’avais besoin d’un staff qui puisse comprendre le travail rationnel basé sur des objectifs à moyens et long terme, un staff capable de générosité voire de sacrifice vis-à-vis des enfants, un staff  qui vient, en fait  pour donner et non pour prendre parce qu’il y’a rien à prendre.

 L’âge des élèves à l’admission était compris entre 7 et 14 ans avec une moyenne d’âge de 10 ans. Un programme pédagogique, à court et moyen terme, a été élaboré. Chaque élève disposait du manuel pédagogique conçu à cet effet.

 

 Le manuel de première année, appelé « Classe d’initiation » a été conçu en 3 parties :

 

1.      La première partie initie l’élève aux rudiments du solfège avec des applications sous forme de petites pièces pour enfants. Cette façon de procéder, en passant de l’exercice et donc de l’effort et de la tension, à la détente, a facilité énormément l’apprentissage. Tous les objectifs tracés ont été acquis par la majorité des élèves.

 

2.      La deuxième partie du manuel représente le cahier d’exercice où l’élève apprend à écrire, lui-même, la musique sur la portée.

 

3.      La troisième partie comporte un ensemble d’inqilabs classés selon l’ordre habituel, destinés à développer, chez l’élève, le goût de la musique andalouse. Au cours de la première année, environ trente inqilabs des différents modes ont été acquis par l’ensemble des élèves.

 

Il est à préciser que le programme de première année n’a pas comporté l’apprentissage d’instruments, activité réservée à la deuxième année.  

 

Au cours de la deuxième année, on a ouvert des ateliers d’apprentissage d’instruments.

 

·        Le premier concernait le violon et comportait 7 élèves. C’est la méthode « Le petit Paganini » qui a été enseignée en totalité. A préciser que l’élève est passé directement à l’apprentissage du violon sans autre préalable instrumental. Les pièces instrumentales récréatives étaient occidentales puisqu’il s’agissait des pièces contenues dans la méthode sus-citée. A déploré le fait que 3 élèves ne sont pas allés au terme de leur année en raison de  l’absentéisme fréquent et donc de l’impossibilité à rattraper le temps perdu.

 

·         Le second atelier était destiné à l’apprentissage de la mandoline et du luth. Le nombre d’élèves était de neuf. Après avoir acquis les notions essentielles de maniement de l’instrument, nous sommes passés à l’exécution de certaines pièces instrumentales en commençant par les plus simples, comme celles de certains inqilabs appris en première année, pour arriver en fin d’année à jouer des pièces intéressantes et assez élaborées comme la touchia Zidane algéroise, le beshraf Mezmoume tunisien ou encore une loundja turque. A cet atelier, nous avons également enregistré des défections, quatre au total, et là aussi, les mêmes causes ont engendré les mêmes effets.

 

·        Au cours de la troisième année, nous avons rassemblé  l’ensemble des élèves en une seule classe et nous avons continué à travailler les pièces instrumentales. Un livre de 272 pages contenant la transcription de toutes les touchias algéroises, 4 beshrafs du malouf constantinois, 4 beshrafs du malouf tunisiens, des Beshrafs et samai arabes et turques, a été conçu à cet effet. Nous avons travaillé également une nouba Mezmoume, que nous avons présenté au festival de Tlemcen et à Blida au cours d’une invitation à l’occasion du 05 juillet, et dans laquelle nous avons alterné le style tlemcenien et le style algérois. A noter que toutes les pièces instrumentales et vocales de cette nouba ont été transcrites et données à l’élève pour lui permettre d’avancer rapidement. Je tiens à préciser, là également, que la partition a constitué un aide mémoire important sur lequel l’élève revient en cas d’oubli. La partition n’a jamais fait la musique puisqu’il s’agit de papier inerte incapable de sentiment et d’émotion, et ceci est valable pour toutes les musiques du monde.

 

·        Convaincu de l’axiome : « la musique n’a pas de frontière et point de couleur », notre intérêt pour les autres musiques  n’a cessé d’augmenter au fur et à mesure du temps. Au cours de la quatrième année nous avons commencé  l’étude des Muwashshahats arabes parallèlement à l’apprentissage de pièces instrumentales du répertoire  classique maghrébin, oriental arabe et turc. Au terme de cette année, nous avons présenté au public algérois un aperçu du travail qui se fait dans notre association et exécuté, entre autre, une nouba Maya dans les trois styles algériens, à savoir le malouf constantinois, la çan’a algéroise et tlemcenienne avec leurs rythmes propres.

 

·        Fort de cette expérience enrichissante d’ouverture sur les autres musiques, l’aboutissement d’un programme mariant la musique algérienne notamment constantinoise, tunisienne, arabe et turque ne pouvait être inévitable. Une première tentative de montage de pièces musicales a été réalisée au cours de la cinquième année. Une suite (je ne l’appelle pas nouba pour ne pas la confondre avec la nouba andalouse) dans le mode Zidane pour la musique algérienne, Hidjaz et Hidjaz kar sur le « Ré » pour la musique arabe et turque et Asba’in pour la musique tunisienne a été réalisée. En fait il s’agit du même mode, appelé différemment selon la région, et avec des spécificités propres. Nous avons présenté cette suite au festival du Malouf de Constantine en Avril 2006. Et je peux dire que cette suite a intéressé plus d’un musicien. La difficulté et l’originalité du travail présenté par des jeunes, dont la moyenne d’âge était de 15 ans ½,  a suscité l’intérêt du public dont des musiciens présents, ce soir là, au théâtre régional de Constantine. Nous avons créé  l’évènement à Constantine par la jeunesse de notre formation et l’originalité de notre programme. Cette suite musicale, remaniée pour être plus rafraîchie, a été présentée au festival du Hawzi de Blida et au festival international de la musique andalouse à Alger le 21 décembre 2006 à la salle Ibn Zeydoun. Enfin ce programme a été enregistré sur Cd intitulé « voyage », volume II, pour le pérenniser et  donner l’occasion à un large public de le découvrir et de l’apprécier. Le volume I de ce double album, qui sortira chez Belda-Diffusion dans environ 1 mois, est à 100% instrumental. IL comporte cinq pièces instrumentales ottomanes (Beshraf Nahawend, Sama’i Nahawend, Sama’i Fareh Feza, Sama’i Hidjaz Kar Kurdi et Sama’i Nawa Ather), un istikhbar Zidane Malouf et le Beshraf Zidane du Malouf constantinois. C’est un Cd de voyage à travers les Maqâms et exécuté avec le système musical turc qui est totalement différent du système tempéré, autrement dit, ni la mandoline ni  tout autre instrument à frettes n’est capable de restituer la coloration spécifique de cette musique. Dans le volume II, on retrouve également deux autres pièces instrumentales (Beshraf-Sama’i Asba’in du Malouf tunisien et un Sama’i Hidjaz du répertoire ottoman) imbriquées dans la suite vocale et instrumentale. Des commentaires plus détaillés seront donnés à la sortie du double album.

 

 

 

 

 

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Said 06/07/2009 17:25

Mohamed, Le'Djamaa !!

Brahim Tayeb est ce soir (6-7 Juillet) chez vous a Skikda, ...
en tournee avec le PANAF !

Quelle chance pour les amis de la region ... fans de Skikda ... ;-)

Voici son dernier site, en premiere ....

http://brahimtayeb.wordpress.com/

Extraits Audio - Albums ...
http://www.myspace.com/brahimtayebofficiel

Said

Redaction Magazine Andalousse 08/11/2008 11:18

Bonjour,
nous vous invitons a nous joindre sur votre magazine "ANDALOUSSE MAGAZINE" dédié à la promotion de la musique arabo-andalouse et la webradio andalousse.

Bienvenue

Mario 18/10/2008 14:30

Bruxelles était en fête avec la venu de si Mohamed Bajedoub au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles hier !

zouhir 12/10/2008 17:54

bonjour dr saasaoui
merci de m'avoir repondu(message no9)je suis juste un melomane.

al 12/10/2008 15:46

Bonjour,
Merci de continuer à faire vivre ce style car c'est du grand Art.Tanemmirt et bonne continuation